Histoire de l'ANJOU
LAnjou, à lépoque où des peuples nomades vivent sur des territoires qui nont pas encore de structures administratives, est une terre de Mégalithes avec des monuments aussi impressionnants que les Dolmens ou les Menhirs, plus spécialement implantés dans le Saumurois ou le Baugeois et servant (très certainement) de temples ou lieux culturels.
Au Ier millénaire avant notre ère la Gaule est envahit par les Celtes, parmi ces " tribus " ceux que les Romains ont appelés les Andécaves (ou Andes) luttent contre la conquête de la Gaule par Jules César. Vaincue la Gaule fest alors divisée en provinces et " notre Anjou " devient la pays des Andes, loppidum de Gennes est un parfait exemple de la présence romaine en Anjou. Les nombreuses invasions de la fin de lempire romain (V siècle) plongent louest de la Gaule dans lanarchie, subissant la loi des nouveaux conquérants : Goths, Alains, Saxons au nord, Wisigoths au sud
Dans une région depuis longtemps attachée aux divinités locales, aux cultes ancestraux et à la religion druidique, le christianisme a du mal à simplanter mais lors de lintégration de lAnjou au royaume des Francs avec la victoire de Clovis sur les Wisigoths en 507 à Poitiers, les premiers monastères sont construits comme labbaye de Saint-Aubin puis celle de Saint-Serge. Après la disparition de lempire mérovingien (751) qui avait porté une attention particulière à lAnjou (Louis le Pieux -XI- séjourna plusieurs fois à Doué-la-Fontaine), la société féodale émerge grâce à léloignement des comtés du pouvoir royal. Le comté dAnjou attribué en premier lieu à Robert le Fort (dynastie des Capétiens) passe ensuite entre les mains de la famille des Ingelger. Au X siècle la dynastie angevine connait toute sa gloire, bien que vassal du roi, le comte d Anjou est son égal en biens matériels et en poids politique. A cette époque bon nombre de châteaux sont construits comme celui de Baugé (rénové au XV par le roi René) ou de Pouancé. De très nombreuses paroisses naquirent alors autour de ces châteaux : la Jaille-Yvon, la Chapelle-Hulin ou par des défrichements à but agricole : Beaucouzé, Andard, Trélazé
La maison dAnjou acquit notamment le trône de Jérusalem (1131-1186) et celui dAngleterre avec la période faste de la dynastie des Plantagenêts. Henri II, roi dAngleterre et comte dAnjou (entre autres ses interventions dans le domaine économique permirent à la monnaie angevine de simposer dans tout louest), a eut pour descendance le célèbre Richard Cur de Lion, inhumé en 1199 prêt de labbaye de Fontevraud. En 1223 cet empire " anglo-angevin " est démantelé et tout comme ces voisins la Touraine et le Maine, lAnjou réintégre le domaine royal mais conserve une certaine autonomie jusquà la fin du Moyen-Age.
Sen suit une période plus difficile : les mauvaises récoltes ne permettent pas de résister à la Peste Noire qui sévit en Anjou en 1348-1349 et depuis 1341 la Guerre de Cent Ans est aux portes de la province, face à linsécurité des maisons religieuses doivent monter la garde comme ces moines de labbaye de Saint-Florent à Saumur. La menace séloigne définitivement en 1448, le redressement de lAnjou sopère avec le " bon roi René " fils de Louis II dAnjou, roi de Sicile. Il hérite du comté dAnjou par son père lors de sa détention par le duc de Bourgogne. Il doit son surnom de " bon roi " à sa vie fastueuse, ses tournois, sa modération quant à ses exigences envers le peuple. Nayant conservé que le titre (et non le territoire) de roi de Sicile et de Jérusalem face à son rival Alphonse V dAragon il prend à cur son rôle de prince de France.
En 1480 lAnjou est réunie à la couronne française et est accordée aux cadets de France en compensation de leur exclusion de la couronne (Gaston dAnjou frère de Louis XIII, 1771 le futur Louis XVIII), le comté tombe pourtant comme beaucoup dautres dans lanonymat.
La Renaissance (XVI) est une période de prospérité : abondance des besoins quotidiens, constructions dinspiration italienne à lexemple de lHotel Pincé dAngers ou les clochers de Beaufort et Beaugé, éclat intellectuel de luniversité dAngers. Deux personnages représentent cette époque le poète Joachim du Bellay (1522-1560) et le juriste-philosophe Jean Bodin (1530-1596). Les guerres de religions viennent cependant troubler cette fin de siècle, en 1560 cest la sanglante " journée des Mouchoirs " (premiers affrontements angevins entre catholiques et protestants), le château dAngers manqua dêtre démoli. Saumur revint aux protestants en 1598 par un édit de paix.
Après quelques difficultés dues à la Fronde (sous Louis XIV 1649-1651) le calme politique revient en Anjou ; Développement économique : agriculture et textile au XVIII (manufactures de toiles peintes : Tournemine à Angers), les ardoisières sexportent dans tout le royaume tout comme le vignoble (le Layon) mais lAnjou ne tire pas vraiment profit de tous ses atouts et " sendort ".
La Révolution est, face au poids des taxes comme la Gabelle (impôt sur le sel) sur la vie, bien accueillit en Anjou, la constitution du département de Maine-et-Loire amputant lAnjou au nord et à lest ne provoque de problèmes que parce que Saumur à la prétention, contestée, den être le chef-lieu. Accueil favorable certes mais les premières divergences se font sentir quand les prêtres sont obligés de prêter serment sur la Constitution Civile et que 300 000 hommes sont " levés " en 1793. " Larmée catholique royale " prend les armes, en juin les Blancs (paysans contre-républicains) sont maîtres de lAnjou. Bloqués ils espèrent en vain une aide anglaise ; " la Vendée se suicidant pour des absents " dira Victor Hugo ; de la répression cruelle des républicains naissent les " Chouans " (contre-républicains vendéens); en 1800 cest la fin de ce dernier conflit, la " grande guerre "de Vendée, que connut lAnjou en tant que province à part entière.
Au XIX siècle le Maine-et-Loire se détache par son conservatisme et la puissance de son clergé (création de luniversité Catholique en 1875). Le département est cependant divisé entre le Saumurois et le Beaugeois traditionnellement républicains et les Mauges-segréenne conservatrices et cléricalistes ainsi quentre ouvriers et paysans. LAnjou développe son économie, alors que lindustrie textile périclite dans le Segréen et le Beaufort elle sadapte à Angers ; vers 1880 apparaît lindustrie de la chaussure. La productivité ardoisière augmente tout comme les mines de fer, le chemin de fer " tue " le commerce fluvial jusque là inhérent à la Loire, à la Maine et à ses " Trois Rivières ". Après de nombreuses et calamiteuses inondations, un programme daménagement de la vallée de lAuthion est décidé en 1961
Place au Présent et au très proche XXI siècle .